Que feriez-vous si vous trouveriez un téléphone dans la rue ? Le voleriez-vous ou tenteriez-vous de le rendre à son propriétaire ? Potentiel gain financier ou potentiel gain spirituel ? Et si la personne qui possédait ce smartphone avait eu un grave problème et que vous seul-e seriez en mesure de l’aider ? Tant de questions en si peu de temps… Décidez-vous car un téléphone se trouve juste sur le banc où vous êtes assis-e.

Another Lost Phone Laura's Story

 

Trop tard ! Vous allez aider le lésé ! Another Lost Phone: Laura’s Story commence ainsi. Imaginez-vous sur le quai d’une station de RER et un mobile gît à côté de vous. Personne aux alentours, c’est le milieu de la matinée. Surpris-e, vous le prenez en main et vous vous dites que vous allez faire la bonne action de la journée en retrouvant son détenteur. Le poste de police n’est pas proche et vous vous dites qu’en l’allumant, vous trouverez bien rapidement certaines informations pour contacter quelqu’un, un proche, un membre de la famille ou un ami. Par chance (?) le téléphone n’est pas bloqué et là, grande surprise, treize messages de Ben sont en attente de lecture. Cet homme semble être très proche de Laura, qui s’avère être la titulaire du portable, et celle-ci ne donne plus de nouvelle depuis quelques jours tandis qu’un accident de train a eu lieu il y a peu. Et là vous vous dites : “Dans quelle merde me suis-je fourré ?!”

Tout comme A Normal Lost Phone (ANLP), précédent et premier jeu du studio Accidental Queens, Another Lost Phone: Laura’s Story (ALPLS) raconte l’histoire d’une personne via sa vie de tous les jours qui se retrouve bousculée après une suite d’événements peu envieux. Si ANLP mettait en scène un homme lié à la communauté LGBT, la vie de Laura est toute autre. Alors qu’elle avait trouvé l’amour, un bon boulot (son portable lui sert autant pour sa vie privée que professionnelle) et avait des tonnes d’amis sur qui compter, la voilà dans une étape difficile de sa vie et vous allez tenter de découvrir ce qui lui est arrivé. Si le studio français a voulu faire passer un discours fort via ses jeux, nous ne pouvons malheureusement pas vous gâcher l’aventure. Les révélations distillées au cours des quelques heures de lecture sont trop fortes pour être prises à la légère, nous vous conseillons fortement de vous y intéresser car les créateurs – on pourrait presque dire créatrices car l’essentiel de l’équipe est constitué de femmes, le studio ayant été créé par trois femmes – de cet opus ont su trouver les mots justes pour toucher son auditoire. À un moment de l’histoire, un élément est donné et tenez-vous bien car vous en prendrez plein la figure.

Another Lost Phone Laura's Story

 

Mais avant d’être possiblement énervé-e par ce que vous lirez, vous aurez quelques puzzles à résoudre. Si le premier (visible dans la vidéo ci-dessous) se démêle aisément, le reste s’avère plus corsé. Nous vous conseillons de vous munir d’un papier et d’un stylo, voire d’un tableau, de punaises et de ficelle si vous voulez avoir la classe, et transformez-vous en détective privé afin d’interconnecter toutes les informations que vous pourrez glaner ici ou là. Une date dans un texte ou une photo avec un nom ? Notez-les ! Cela pourrait vous servir. Si la plupart des casses-têtes sont purement vidéoludiques (aucun système réel ne vous demandera de faire un calcul bizarre pour ouvrir une application comme le jeu) et cassent donc un peu l’immersion, ils servent tout de même à impliquer le joueur dans la recherche d’indices et l’incitent donc à tout feuilleter. Il est dit que ANLP avait une structure plutôt linéaire – oui je ne l’ai toujours pas fait alors que je l’ai acheté deux fois ! – ce qui n’est absolument pas le cas dans ALPLS car on se retrouve à ouvrir ou rouvrir les différentes applications du téléphone pour retrouver une petite référence qui n’avait l’air de rien mais s’avère cruciale pour continuer.

Si Accidental Queens semble mettre des gants pour parler d’un sujet qui lui tient à cœur et malgré un avancement un peu archaïque vers la fin, sans trop savoir où l’on va, une fois la boite de Pandore ouverte, on a l’impression de se prendre un coup de massue tel Kaori et son marteau de 35 tonnes. Une fois le Rubicon franchit, on se dit que la vie peut parfois être injuste, qu’on en veut au monde entier, qu’il existe des connards sur Terre et qu’on ne peut qu’aider et chérir nos proches. Ce qui n’est pas tous les jours facile mais c’est une belle tâche.

Fiche du jeu

Titre : Another Lost Phone: Laura’s Story
Style : visual novel
Développeur : Accidental Queens (France)
Éditeur : Playdius
Sortie : 21 septembre 2017
Plateformes : Windows, Linux, MacOS, iOS et Android
PEGI : non déposé
Prix : 3€ ou 3,50€ pour les riches possesseurs d’iPhone
Langues : Français disponible
Site officiel : http://accidentalqueens.com/anotherlostphone/
Informations à jour au 11 octobre 2017

Let’s play de Another Lost Phone: Laura’s Story

https://www.youtube.com/watch?v=TTluECmS7zg

Notre avis final sur Another Lost Phone: Laura’s Story

Accidental Queens a réalisé un super boulot autant pour rendre l’aventure réelle que pour raconter une histoire forte grâce aux seuls outils que l’on peut trouver dans un smartphone de nos jours. Si Another Lost Phone: Laura’s Story a peu de chance de faire changer certaines mentalités, il aura peut-être le mérite d’ouvrir les yeux à des personnes (ou son entourage) dans la même situation que l’on peut découvrir dans ce jeu. Bien plus qu’un jeu, nous avons là un lourd témoignage, un lanceur d’alerte qu’il faut absolument lire telle une biographie d’un personnage célèbre.

Les plus : une histoire forte et touchante / la touche Accidental Queens pour parler d’un sujet trop peu traité / une interface parfaite / bande son au top

Les moins : un ou deux puzzles très bizarres / moment de ballottement possible juste avant l’ultime révélation si vous voyez pas comment continuer

Recommandé

https://www.youtube.com/watch?v=9BKJwH9Dwt4

Testé à partir d’une version commerciale sur Android. Le jeu nous a gentiment été envoyé gratuitement pour le tester. Temps de jeu estimé entre 3 et 4 heures. Captures vidéo et d’images réalisées par moi-même.

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